Comprendre le Score Carbone Français pour les Médicaments

Ce que cela signifie pour le secteur pharmaceutique et comment se préparer

17 avril 2026

une personne tenant une pilule dans sa main

Depuis le 21 août 2026, la Loi française sur le climat et la résilience exige que tous les marchés publics incluent des critères d’évaluation environnementale, avec une pondération recommandée de 10 à 20 %.

Le « score carbone » pour les médicaments a été explicitement conçu par le gouvernement français pour répondre à cette exigence pour les contrats publics de produits pharmaceutiques.

Le score carbone de la France marque également une étape majeure à l’échelle mondiale pour l’intégration des données carbone des produits dans la prise de décision d’approvisionnement, le NHS britannique devant adopter des mesures similaires en 2028, et d’autres pays de l’UE devraient suivre le mouvement.

Pour maintenir leur compétitivité dans les marchés publics français au-delà d’août 2026, les entreprises pharmaceutiques doivent développer la capacité stratégique de développer et de divulguer l’empreinte carbone des produits à travers leur portefeuille.

Quel est le score carbone français ?

Le score carbone français est une méthodologie d’empreinte carbone produit (PCF) alignée sur la norme ISO et le protocole GHG – mais il est nettement plus prescriptif.

La méthodologie du score carbone comprend :

  • Définition de l’objectif et du périmètre (du berceau à la tombe ; plusieurs unités fonctionnelles prescrites)
  • Hiérarchie stricte des données et sélection des facteurs d’émission
  • Évaluation obligatoire de la qualité des données (incertitude basée sur la revue de la qualité des données)
  • Documentation et attestation des fournisseurs
  • Format de soumission de la matrice d’évaluation (Excel standardisé)

De manière cruciale, les scores finaux peuvent être ajustés ou rejetés en fonction de :

  • Niveau d’incertitude des données
  • Utilisation des données économiques
  • Données manquantes ou de faible qualité (surtaxes)

Le score est basé sur l’empreinte carbone d’un produit (exprimée en kg de CO₂e), mais peut être gonflé en raison de pénalités déclenchées par des lacunes dans les données ou une faible qualité des données. Par conséquent, un score carbone plus bas est davantage favorisé dans les processus d’approvisionnement.

Importance commerciale du score carbone

Les recommandations actuelles sur les marchés publics en France recommandent que les critères environnementaux représentent environ 10 à 20 % du score total d’évaluation des appels d’offres. En conséquence, les entreprises pharmaceutiques qui ne peuvent pas fournir de scores carbone pour leurs produits, ou celles dont les produits obtiennent de faibles scores en raison d’empreintes carbone plus élevées ou de surtaxes résultant de données incomplètes ou d’une incertitude excessive, feront face à un désavantage commercial important lors des appels d’offres publics.

En pratique, la qualité et l’exhaustivité des données influenceront directement le score environnemental et donc la compétitivité globale des appels d’offres.

Les impacts d’une mauvaise qualité ou complétude des données incluent :

  1. Seuil d’incertitude
    • Tous les PCF se voient attribuer une incertitude basée sur la revue de la qualité des données afin d’évaluer et de quantifier l’incertitude des données
    • Les PCF présentant >45 % d’incertitude seront considérés comme non conformes
    • Les données de production primaire et de fournisseurs peuvent réduire significativement les risques
  2. Plafond des données économiques
    • Les facteurs d’émission économiques sont plafonnés à 25 % de l’empreinte des ingrédients/emballages
    • Une forte dépendance aux données basées sur les dépenses augmente le risque de conformité
  3. Mécanismes de surcharge
    • Des données manquantes ou de faible qualité déclenchent des pourcentages spécifiques de pénalités carbone
    • Les pénalités sont accumulatives
    • Les pénalités peuvent gonfler le score carbone final, nuisant directement à la compétitivité des enchères

En tenant compte de ces impacts, deux produits avec des émissions réelles similaires peuvent résulter en scores très différents selon la qualité des preuves et la robustesse de la documentation.

Que devraient faire les entreprises pharmaceutiques ?

Les entreprises pharmaceutiques doivent construire et mettre en œuvre une capacité PCF crédible et évolutive, alignée sur la méthodologie du score carbone et les exigences de rapport, et soutenue par des contrôles structurés internes et de collecte et documentation des données des fournisseurs.

Exigences méthodologiques et opérationnelles clés :

SuperficieExigence pratique
Portée et limitesDu berceau à la tombe ; inclusions/exclusions définies selon le Code de présentation (CIP)
Unité fonctionnelleCalculs de code de présentation (CIP), unité commune de distribution (UCD) et dose quotidienne définie (DDD) requis
Hiérarchie des donnéesUne stricte priorisation de la donnée primaire par rapport à la secondaire ; Facteurs d’émission économiques limités
Qualité des donnéesÉvaluation de la qualité des données intégrée par entrée
RépartitionLogique d’allocation défendable de sites, batch et services partagés
GouvernanceValidité de 5 ans ; Réévaluation si > 10 % de changement
DocumentationTrace d’audit complète et dossier de preuves structurées

À quoi ressemble une capacité conforme

Une entreprise doit opérationnaliser :

  • Une capacité PCF évolutive, alignée sur la méthodologie du score carbone et les exigences de reporting
  • Logique de notation de la revue de la qualité des données intégrée
  • Un programme de collecte de données et de documentation sur la chaîne d’approvisionnement
  • Procédure opérationnelle standard pour activer et intégrer les PCF pour les contrats publics français
  • Formation interne et gestion de la gouvernance

Le Score Carbone établit la norme en matière de PCF dans le secteur pharmaceutique. Une capacité PCF qui répond et performe bien selon la méthodologie du score carbone français sera alignée avec l’ISO et le protocole des GES, et soutiendra la divulgation et la décarbonation des clients. L’inverse n’est pas garanti. 

Pourquoi les données primaires sont cruciales

Obtenir et intégrer les données de production primaire et de fournisseurs dans les PCF est essentiel pour rester en dessous des seuils critiques de score carbone et éviter les surtaxes punitives.

Il existe deux options valides pour les données des fournisseurs :

  • Données d’empreinte – PCF, Déclarations environnementales de produits (EPD) ou Évaluations du cycle de vie (ACV) qui respectent les exigences en score carbone et sont accompagnées de documents justificatifs. Cela donne le score d’incertitude le plus bas.
  • Données principales d’activité et de produits – que le client convertit en données carbone selon les exigences de score carbone.  Ces données donnent un score d’incertitude modéré.

En l’absence de données fournisseurs, des données moyennes – suivant une hiérarchie stricte et utilisant des sources de données prescrites – sont requises, portant le score d’incertitude le plus élevé.

Le score carbone nécessite différents niveaux de données, de vérification et de documentation selon la catégorie de produit fournisseur : Ingrédients Pharmaceutiques Actifs (API) (exigence la plus élevée), Excipients, Emballage, Logistique (exigence minimale).

Comment Anthesis peut aider les clients pharmaceutiques

Nous pouvons concevoir et intégrer des capacités d’empreinte carbone des produits alignées sur le score carbone qui garantissent la conformité et la compétitivité dans les contrats publics français, tout en exploitant ces capacités pour permettre une divulgation plus large des clients et une décarbonation.

1. Architecture PCF alignée sur le score de carbone

Concevoir et construire un cadre et un outil de calcul entièrement alignés sur la méthodologie carbone française, intégrant les données de production, de dépenses et de fournisseurs pour générer des résultats conformes et prêts à être soumis aux appels d’offres. Si nécessaire, nous pouvons également fournir un développement direct de PCF en tant que service intégré.

2. Structuration interne des données et préparation

Évaluer les données existantes sur les produits et la production, identifier et combler les lacunes, et structurer les intrants pour respecter les seuils d’incertitude et les exigences de documentation, en veillant à ce que les seuils de performance des données soient atteints et en réduisant l’exposition aux surtaxes.

3. Programme structuré de données fournisseurs (Scope 3)

Développer et mettre en œuvre un modèle ciblé d’engagement fournisseur pour sécuriser les données primaires conformes et les attestations requises. Intégrer le contrôle qualité, les contrôles de documentation et les voies d’intégration pour convertir les intrants des fournisseurs en résultats conformes au score carbone. Cela peut inclure un service géré pour convertir les données produit/activité du fournisseur principal en données carbone à l’aide d’Anthesis Intelligence.

4. Gouvernance, modèle opérationnel et transfert de capacités

Définir le modèle opérationnel interne nécessaire pour maintenir la conformité et la performance, notamment :

  • Des rôles clairs, des points de décision et une responsabilité
  • Processus de contrôle des données et de la documentation
  • Architecture des traces d’audit
  • Formation ciblée pour intégrer la capacité en interne

Grâce à ces services, nous garantissons une capacité de production carbone conçue stratégiquement, prête à atteindre le score carbone, conforme aux règles françaises, résiliente face à l’audit, compétitif commercialement dans les achats et évolutif sur l’ensemble du portefeuille.

Découvrez comment Anthesis aide les entreprises pharmaceutiques à se conformer aux réglementations en matière de carbone.